"Vicnet" - Vidéaste - Médiateur Scientifique

« Vicnet » – Vidéaste – Youtubeur – Médiateur Scientifique

 

L’humain

Alors qui suis-je, d’où viens-je… Je suis né un beau jour de 1989 et vis toujours dans la meilleure ville du monde, Lyon. Depuis l’ISS, ça ressemble à ça :

On m’appelle « Vicnet », mais mon vrai nom est Vincent Heidelberg. Mais c’est un peu long pour un « Twitter Name » alors on me surnomme « Vicnet ». D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionné par l’espace. Pour certaines raisons, je n’ai pas pu en faire mon métier. J’ai été développeur web, chef de projet web, superviseur et chef d’équipe chez SFR, parachutiste, réal de vidéos et docus… J’ai toujours aimé communiquer sur mes passions : l’espace, l’aviation, le parachutisme, le base jump et pour pouvoir transmettre ces amours. Mon tempérament autodidacte m’a poussé à m’auto former à la vidéo, un média qui pour moi est le plus efficace à l’heure d’Internet. J’ai lancé ma chaîne Youtube après deux ans d’hésitation (Stardust – La Chaîne Espace). Ce qui me manquait était la confiance en moi. J’ai sauté le pas en janvier 2016. En un an, j’ai produit + de 100 vidéos, où je raconte l’exploration spatiale, l’astro, et je fais des revues hebdo de l’actu spatiale. Et depuis très peu de temps, je suis Médiateur Scientifique au Planétarium de Vaulx-en-Velin. Je crois vraiment que j’ai trouvé ma voie.

FAQ

Oui, c’est moi!

Qu’est-ce qui te plait le plus? L’exploration spatiale? L’astronomie? L’astrophysique?

Définitivement : L’exploration spatiale habitée et non habitée. C’est la partie qui me passionne le plus. Je suis les lancements depuis tout petit, que ce soit Soyouz, Ariane 5, les navettes spatiales… Les sorties spatiales aussi! Pour le carnaval, je ne me déguisais pas en planète, ou en extraterrestre. Ma maman m’avait conçu une combinaison spatiale. Ensuite, j’ai pu voir la Cité de l’Espace et faire un stage à la Ferme des Etoiles. J’ai eu un télescope étant petit, je me souviens encore du moindre détail, son odeur… Mais on a pas pu le garder, on roulait pas sur l’or. J’ai vu l’éclipse totale de 99, vécu l’accident de Columbia en 2003, la fin de Mir, débuts de l’ISS.

Pourquoi n’as-tu pas fait d’études dans le domaine?

Dans mon collège, j’avais créé un club d’astro. On se réunissait, on communiquait sur les évènements spatiaux. Une prof participait au club. Elle est morte d’un cancer à l’époque. Elle m’a laissé une lettre : « Continue de communiquer notre passion ». Le soucis, c’est que les autres élèves du collège étaient disons… pas sympa avec moi. Ils me reprochaient ma passion, je sais pas pourquoi. J’avais d’excellentes notes en maths et en sciences. parfois 1er de la classe.

Petit, à la Cité de l’Espace

Un jour j’ai dit à mes parents que je voulais être astronome. Ils m’ont dit « laisse tomber. C’est trop dur. Tu n’y arriveras pas ». A cet âge, je buvais leurs paroles. Ca a brisé quelque chose. Pour éviter les ennuis avec les élèves et après cette phrase, mes notes ont dégringolé. Je ne parlais plus espace. C’était devenu un secret. Jusqu’à 2014, je n’ai plus partagé ma passion avec personne. Je n’étais plus convaincu que je pouvais faire ce que je voulais dans la vie. J’étais dégouté des études, le cursus scolaire, c’était devenu une phobie. J’étais perdu, totalement. J’en voulais à la terre entière.

Du coup, t’as fait quoi comme boulot?

Parallèlement aux études, j’étais autodidacte en tout. Je me suis auto formé en anglais, en vidéo, en communication. Mes premières vidéos en 2004 sur Dailymotion étaient des présentations de mon équipe d’airsoft de l’époque. Vu que j’avais appris le développement web tout seul, j’ai intégré des SSII, puis passé chef de projet web. J’avais 20 ans. L’activité a « pris cher » avec la crise. J’ai enchainé les petits boulots. Jusqu’en 2013 où j’ai intégré une boite de sous traitance pour SFR. Je travaillais en 3×8, parfois 7 jours d’affilée, les horaires se décalant chaque jour. Puis je suis passé chef d’équipe adjoint au bout de 5 mois car je me donne à fond dans tous mes jobs. Je gérais donc une équipe de 9 gars en 3×8, bossait avec eux, avec astreinte 24/24h. Si j’étais appelé, je devais être au taff en 30min. La pression était énorme, surtout qu’on travaillait dans un centre de crise. Ca ressemblait un peu au CADMOS. Des écrans partout. Maintenant, j’ai été engagé au Planétarium de Vaulx-en-Velin en tant que médiateur scientifique, une belle reconnaissance!

Tu avais des loisirs en dehors?

Après le boulot, j’allais sauter en parachute. Oui, c’est moi sur cette photo! C’était pas donné, mais quel plaisir! Je voyais Lyon, le Mont Blanc, C’était sublime. Je me suis aussi acheté une caméra. Un Canon EOS 600D. Je voulais faire des vidéos sur le parachutisme. J’ai fini par réaliser un docu.

J’ai rencontré un gars. Il a changé ma vie. il s’appelait Philippe Jean, il faisait du Base Jump, de l’alpinisme et militaire à l’EMHM. Je l’ai suivi partout, il m’a formé à la montagne, à filmer des sauts de base jump. Je suis devenu son réal. Je le considérais comme mon grd frère. On a passé le nouvel an 2014 à -20 à 2600m. Il s’est tué pendant un vol à Chamonix le 26 décembre 2015. Quelques temps avant, j’avais réalisé un court métrage documentaire sur lui. On avait été sélectionnés au grand prix du festival CLAC.

Et Youtube?

Après le décès de Phil, j’ai décidé, en janvier 2016, de faire ce qu’il m’avait appris : m’assumer et faire ce que je voulais vraiment. J’ai monté ma chaîne Youtube. Je connaissais la vidéo, mais pas le « youtube game ». Je n’étais pas spécialement client. J’utilise toujours le 600D. Il a volé dans un avion de parachutistes, a filmé des base jumpers, et maintenant le monde du spatial. Grâce à Phil, je vis mes passions à fond et je les communique naturellement. Et j’adore ça. Et les gens qui me suivent me le rendent bien. Je communique sur ce que j’aime : l’espace, l’aviation civile et militaire, l’astrophoto, et ma belle ville de Lyon. On m’a reproché d’être un peu « sans filtre », mais je tiens à ce trait de caractère pour ce qui est du perso. Le pro, c’est différent. Mais comme on dit, « Tweets are my own ». Et c’est pareil sur Youtube. C’est moi qui parle, je ne représente rien ni personne.

En route vers Toulouse

Tu as gagné en confiance?

Au début, j’envoyais chaque vidéo à plusieurs amis pour qu’ils me disent ce qu’ils en pensent. Je corrigeais ce qui pouvait l’être, je retournais tout parfois. maintenant, je lui demande encore des conseils ou des avis si je fais un truc différent, comme par exemple l’épisode sur Apollo 17, qui a un format très particulier, ou la vidéo sur l' »avion de chasse fou ».

J’ai maintenant une communauté qui me suit, et un peu de pression. J’ai pas le melon et j’essaie d’éviter. Mais je reste ambitieux. Ambitieux sur la qualité, sur les lieux de tournages et les gens que je veux inviter sur ma chaîne. Je suis exigeant avec moi. Et surtout, j’essaie de rester le plus régulier possible. Ma chaîne et mes abonnés m’apportent des dons qui aident, je fais des confs. J’ai aussi rencontré des abonnés incroyables, des vidéastes scientifiques ou non mais talentueux.

J’ai quand même un sacré syndrome de l’imposteur. Et je sais toujours pas comment m’en débarrasser.

Avec Sergueï Volkov

C’est du travail quand même…

Je pense qu’on imagine mal ce qu’est vraiment le travail de vidéaste. Si vous regardiez une émission du style C’est Pas Sorcier, lisez le générique et imaginez qu’il n’y a que 2-3 noms en tout. Être vidéaste c’est apprendre : la réalisation, le montage, l’écriture, le cadrage, la lumière, la production, le Community Management. Avant de lancer ma chaîne, je connaissais pas mal de tout ça. Mais pas tout. Et pas de cette façon, ni à ce rythme! Heureusement, le chômage m’a donné le temps de choper des automatismes, d’optimiser les process pour travailler vite et bien. Certains vidéastes ont des boites de production ou des monteurs pour aider, ce n’est pas mon cas. Heureusement, j’ai des amis disponibles si besoin pour cadrer, ou pour valider certains scripts. J’essaie de rester régulier dans les sorties d’épisodes. C’est pas facile. On fait avec ce qu’on a. D’autres vidéastes ont des boulots prenants, une famille, et leur fréquence de production est donc moins importante. C’est normal.

Tournage à l’ESA ESTEC

Un épisode de vulgarisation, c’est 10h d’écriture, 2 heures de vérifs, 1 heure d’enregistrement son, et 5 à 8 heures de montage pour 10 minutes de vidéo. Dans le cas où les vidéos impliquent du « face caméra », il faut ajouter 2-3 heures. Et si on filme dans un lieu privé, ajouter des heures de négociations de tournage, et 4-5 heures de tournage complet. Après, il faut ajouter une demi heure pour préparer la comm de la sortie de la vidéo. Si on totalise, c’est plus ou moins 20 heures de travail pour une vidéo voix off de 10 minutes. Donc les conditions « faciles ». Il y a beaucoup de variables : le sujet et sa difficulté, le lieu de tournage, les parties filmées ou voix off, le style de montage. Pour mes vidéos sur Saturn V, j’ai lu l’intégralité des manuels des systèmes de la fusée, des centaines de pages.L’avantage avec le spatial, c’est que la documentation dispo est souvent énorme. Quand c’est pas militaire.

On sait jamais à l’avance si un montage sera facile ou non. Le principe a l’air pourtant simple : On pose l’audio, on met des images dessus. Mais la subtilité, c’est de faire un montage qui tienne l’internaute. Qui capte son attention. Et qui l’immerge dans le sujet. Un bon montage ne peux être fait pas un robot. Un bon montage a une âme. Chaque montage de vidéo est différent. Si vous regardez mes vidéos sur Apollo 17, sur les débris spatiaux, sur Voyager et sur Toulouse, il n’y a rien de pareil. Le montage s’adapte au sujet. Les gens adorent ça, mais c’est extrêmement compliqué. Je monte toujours dans le sens chronologique de la vidéo. Je ne sais jamais à l’avance comment je le fais. C’est du pur feeling.

Ce que j’aime le moins dans tout ça, ça reste la négociation des lieux de tournage. C’est long, et les négociations c’est pas mon truc. D’où l’avantage de trouver une boite de production qui file un coup de main là dessus. Mais j’en ai pas, alors je m’en charge.

Ma vue durant un live

Tu fais des lives aussi, c’est contraignant…

Je l’ai fait trois fois déjà : 2 sorties extra véhiculaires (8h de live chacune) et 1 lancement SpaceX (2h de live). C’est un exercice éprouvant d’animer une sortie spatiale. Pendant 8 heures, on commente, on gère la technique, on répond aux questions. On arrête pas de parler. A la fin les cordes vocales fatiguent. Je bois 3L d’eau. Le plus fatigant était la sortie de Thomas Pesquet. Pic de 1850 personnes, une dizaine de modérateurs, le chat était en feu. En tout, 50 000 connexions ce jour là. C’était la folie. J’ai aussi gagné 3000 abonnés ce jour là. Incroyable. De l’intérieur, ça ressemble à ça :

Des pistes audio, des aperçus, des flux image ou vidéo, et on gère tout ça. En parlant. Ce n’est pas parce que c’est du direct que c’est de l’improvisation. Il faut compter 2h de préparations pour un lancement, 4 pour une sortie. A part le CNES qui fait de l’excellent travail dans cet exercice, je ne crois pas connaitre d’autres chaines francophones qui font ça niveau spatial. J’essaie de convier des gens à co-animer ces lives. Ca rajoute une difficulté technique du fait qu’il faut être en vocal avec eux mais bon. Le live est un formidable outil de vulgarisation à grande échelle. On répond à des questions, on explique, on passionne. L’interaction est maximale, et la portée aussi. On rigole avec les gens, on partage un truc tous ensemble. C’est beau.

En tournage à l’ESA ESTEC

Comment ça se passe avec la communauté?

Depuis la première vidéo jusqu’à aujourd’hui, mon mot d’ordre : disponibilité avec les gens. Transparence. Sincérité. Bien sûr, c’est moins facile au fil de l’augmentation des abonnés. Mais j’y tiens vraiment. Surtout quand on veut partager de la science. Pour la transparence, je parle surtout de rendre dispo mes sources, mes financements, mes aides si on me demande. Je ne cache rien. Je me considère comme libre de dire ce que je pense en tant qu’indépendant. Mes opinions me regardent. Et je respecte celles des autres.

Parlons des bonnes choses concernant la communauté en premier lieu. Les internautes sont majoritairement de bonnes personnes. Les gens qui me suivent m’envoient des messages, tweets, commentaires d’encouragement, ils m’aident beaucoup. C’est un moteur. Certains m’aident financièrement, notamment avec Tipeee, mais c’est une autre histoire. Le « pouce bleu » reste le meilleur moteur. Quand ils me reconnaissent dans la rue, n’étant pas habitué, je suis toujours surpris et très timide. Je fais pas d’autographe. J’écris un truc. Quand une personne me découvre sur Youtube et me pose une question, ou réagit, ça compte beaucoup pour moi. Elle a regard neuf, innocent. Je n’aime pas trop les commentaires « first ». Ce que j’aime, c’est les comms constructifs, qui disent du bien, mais surtout s’ils critiquent. J’essaie constamment de m’améliorer, et chaque commentaire constructif est pris en compte. Ca compte beaucoup.

« Like » Twitter de Thomas Pesquet

Et il y a aussi le « dark side » de l’Internet. j’étais épargné il y a encore quelques mois. Mais plus maintenant. Depuis quelques mois, deux à trois fois par jour, je reçois des tweets ou comms YT de partisans de la Terre Plate et autres « vérités ». L’exemple le plus flagrant était quand j’ai couvert la sortie spatiale de Pesquet. Une dizaine de modérateurs sur le chat mais pas suffisant. Le CNES, qui faisait lui aussi un live sur cette sortie, a lui aussi été visé. C’est triste de penser qu’on en est arrivé là. Ma solution palliative et semi automatique : bloquer les commentaires qui contiennent « Terre Plate » ou « fake ». Ca marche… moyen.  Je ne peux pas laisser ces commentaires sur les vidéos, sinon les gens vont leur répondre et ça va devenir un forum complotiste. On a le droit de douter. C’est même très bien. Et je réponds si on me pose une question sur un point « douteux ». Mais il y a des limites. On est tous touchés dans le Youtube Astro. Mais soyons francs, si on pose ça sur la balance, l’amour et l’aide de mes abonnés pèsent tellement plus que les conspis sont des « détails ».

Je viens de passer les 13000 abonnés. Je peux vous dire que ce genre de truc retourne un peu les sentiments. Compliqué à expliquer. C’est un mélange entre la fierté, le syndrome de l’imposteur et la peur de l’inconnu. J’avais ces sentiments aux 100 premiers, puis 200, puis 500, 1000, 2000, 5000, 10 000… C’est toujours pareil. Je sais pas si un jour on arrive à s’y faire. Mais avec ce genre de sentiments au moins je me repose pas sur mes lauriers.

Et parfois, certaines notifications sont aussi un moteur pour continuer à travailler.

 

Et avec les agences spatiales, les centres spatiaux, les planétariums, les médias?

On va commencer avec les agences spatiales car c’est les premiers avec qui je suis entré en contact. Autant dire tout de suite que pour les agences spatiales, un vidéaste Youtube n’est pas pris au sérieux. Exception : le CNES heureusement. Le CNES a été le 1er à me soutenir dès le tout début, avant même que j’aille les voir. Leur boulot avec d’autres vidéastes est super aussi. Je ne suis pas en partenariat avec eux, donc je laisse le soin aux vidéastes qui le sont d’en parler s’ils le veulent.

Des cadeaux de l’ESA pour moi et mes abonnés

Bon, pour l’ESA, c’est très différent. L’agence est vraiment hésitante avec les vidéastes Youtube. Exception : l’ESTEC aux Pays-Bas. Tous mes échanges avec l’ESA hors ESTEC, soit on m’ignore, soit on me dit « sur Youtube? Donc vous êtes pas un média » Ah bon. Cela fait plus d’un an que je négociais pour faire une « collab » avec Thomas Pesquet sur l’ISS, à la manière de « Smarter Every Day » en 2014 – Ca s’était fait entre un vidéaste US et une astronaute européenne -, je me disais que j’avais quelques chances, vu la comm autour de Pesquet. J’ai remué un peu tous mes contacts et j’ai envoyé plein de messages, de mails… La plupart du temps, pas de réponse, même aux relances. Et quand j’avais une réponse, c’était pour me dire « mais pourquoi un Youtuber veut faire ça, c’est réservé aux médias ». Il fallait donc que j’explique à une agence spatiale présente sur Youtube qu’il y a des chaine Youtube de médiation, ce qu’ils font sur Youtube . Wow. Après des mails ou je prenais le temps de décrire tout ça et leur réponse inexistante, j’ai décidé de laisser tomber il y a quelques temps. La NASA me snobe également. Ils voient le nombre d’abonnés aux chaines US, et le mien, ils doivent bien rire.

Sur « Mars », à l’ESA ESTEC

Passons aux CCSTI. J’ai été en contact avec plusieurs lieux/musées liés à l’espace. Le Planétarium de Vaulx-en-Velin notamment. Mon expérience de tournage là-bas était ma première dans un CCSTI. La négociation était géniale, l’orga à dispo, c’était nickel. Pour les autres lieux de tournage, ils sont fébriles. Du coup, quand je demande des abonnés sur mes vidéos, c’est pour gagner de la crédibilité auprès des lieux de tournage.

Pour ce qui est des médias classiques, mes relations avec eux sont inexistantes. Je pense qu’ils ne prennent pas la médiation sur Youtube au sérieux.

Les organisateurs d’évènements, pas contre, sont très friands de vidéastes scientifiques. La notoriété joue beaucoup en fait. Ils nous offrent un moyen de s’exprimer, de rencontrer le public, de partager la science pendant des conférences, c’est bien. Seul bémol : certains pensent que ça ne doit rien leur coûter. Mais c’est faux. C’est du travail, une conférence. Le minimum est déjà de couvrir les frais de déplacement du vidéaste. Mais c’est pas souvent le cas. Quand c’est le cas, la négociation est différente entre les vidéastes, selon leur notoriété. C’est pas très égalitaire. Quand je pense à des chaines d’astro qui ont 5000 abonnés ou moins, et qui galèrent auprès des organisateurs, ça m’attriste. Encore une fois, tout est une question de notoriété, de nombre d’abonnés. La qualité de la chaîne n’entre pas en ligne de compte. Je pense qu’on connait tous assez Youtube depuis toutes ces années pour savoir que le nombre d’abonnés n’est pas un gage de qualité.

Tu t’entends bien avec les autres vidéastes ou « youtubeurs »?

Quand j’ai lancé ma chaîne Youtube, il est important de savoir que je connaissais déjà InThePanda personnellement. Ce n’est pas lui qui m’a donné l’impulsion. Mais il m’a énormément soutenu. Il faut le dire. Comme je le disais sur un autre thread, je ne regardais pas grand chose sur Youtube. Niveau vulgarisation, je connaissais epenser de nom, pas plus. Après mes premières vidéos j’ai commencé à regarder d’autres chaînes de vulgarisation. J’ai découvert un monde. En astro, j’ai bâti de très bonnes relations avec I Need Space, Astronogeek, Dimension, et Le Sense of Wonder, les meilleurs. On s’est surtout rapprochés via Twitter, On a la même passion après tout. On parle des mêmes sujets, ou presque.

Alors il y a deux façons de faire. Soit on la joue « perso » et « opportuniste » comme certain(e)s vidéastes le sont, même en astro. Soit on essaie de travailler ensemble. D’être cohérents. De se soutenir les uns les autres. Avec ceux que j’ai cités, on a cette relation de soutien et de collaboration. Le Sense of Wonder a validé un de mes scripts récemment. On a animé quelques lives tous ensemble, où on parlait de notre passion aux gens. C’est génial. Ce n’est pas un milieu fermé. J’encourage tout le monde à lancer sa chaîne. Je vois pas les autres chaînes comme des concurrentes. Et même si parfois on parle des mêmes sujets, on est jamais en doublon. On met notre patte perso, et on devient complémentaires. Et c’est justement ça qui est cool, on a pas les mêmes points de vue sur les projets futurs par exemple. Et ça donne pleins d’axes aux gens. Pour ce qui est de la « promo », pour moi c’est le meilleur moyen d’avoir plus d’abonnés et capter un plus grand public. Soyons honnêtes, un travail de vulgarisation est du temps perdu si personne ne sait qu’il existe. C’est mon avis en tout cas. Pour ça j’ai eu la chance d’avoir eu des promos pour ma chaine sur des vidéos de vidéastes influents. On peut me dire que je suis un « privilégié » ou un truc du genre, mais je fais l’effort de recommander de petites chaines astro en permanence. Avec un vidéaste astro, on devrait prochainement faire une conf à deux. J’en dis pas plus. Des collabs avec d’autres chaines ce serait top.

Après, les chaînes qui se la jouent solo, j’en parlerai pas. Mais dans la vulga, elle sont minoritaires. C’est déjà ça.

Il y a des chaînes que je ne recommande pas, c’est pour deux raisons. Soit ils disent de la « bullshit », soit ils n’ont pas l’esprit de partage. Mais au lieu de les pointer du doigt en disant « ne vous abonnez pas! » je ne les mentionne tout simplement jamais. C’est plus moral.

Pour conclure, je dirais qu’il faut que les vidéastes considèrent les autres comme des chaines complémentaires.

En tournage à l’ESA ESTEC

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D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionné par l’espace. Pour certaines raisons, je n’ai pas pu en faire mon métier. J’ai été développeur web, chef de projet web, superviseur et chef d’équipe chez SFR, parachutiste, réalisateur de vidéos et documentaires, et me voilà aujourd’hui. J’ai toujours aimé communiquer sur mes passions : l’espace, l’aviation, le parachutisme, le base jump… et pour pouvoir transmettre ces amours, mon tempérament autodidacte m’a poussé à m’auto-former à la vidéo, un média qui pour moi est le plus efficace à l’heure d’Internet. J’ai lancé ma chaîne Youtube après deux ans d’hésitation. En un an, j’ai produit plus de 100 vidéos, où je raconte l’exploration spatiale, l’astronomie, les faits marquants, les découvertes, et je fais des revues hebdomadaires de l’actualité spatiale.